12/11/2008

LE ROLE DU SERGENT

Devoirs du sergent

 sommaire :

1. Grade, fonctions, etc

2. En route, au camp, en détachement

3. Sergent de semaine

4. Sergent de ronde

5. Sergent instructeur

 

  1. Grade, fonctions, etc.

 

Le titre de sergent est un des plus anciens termes du langage militaire ; a son origine, il signifiait simplement « homme au service ». Depuis Louis XII, cette expression a désigné le grade des sous-officiers de la première classe. On calculait ordinairement dans les ordonnances de composition, à raison d’un sergent pour 20 soldats. Le calcul est aujourd’hui à raison d’un sergent pour 30 soldats.

Le sergent commandait les postes depuis 12 hommes jusqu’à 18 et un caporal ; et même 24 hommes et 2 caporaux. L’augmentation de force des compagnies veut que les postes qu’il est susceptible de commander s’élèvent jusqu’à 30 hommes. Au dessus de ce nombre, le poste est commandé par un officier, sous l’autorité duquel le sergent  maintient l’ordre et assure l’exactitude.

Le sergent n’a de tambour sous ses ordres qu’à la garde de police en garnison, ou bien à la garde du camp.

Le cas où il commande une garde d’honneur, est celui où cette garde est accordée à un tribunal de première instance.

Il a deux fonctions distinctes à remplir, la surveillance et le service.

La première s’exerce continuellement sur les caporaux ;  les détails de la seconde attribution se ramifient suivant les différents emplois qu’il exerce comme sergent de semaine, de planton, de garde, de ronde, en détachement, sergent-instructeur, sous-officier de remplacement, d’encadrement, garde-enseigne, guide de gauche, guide général, et serre file.

Le devoir de sergent, ne consistant pour ainsi dire que dans l’exécution des ordres qu’il reçoit, dans l’application des règlements qu’il est censé connaître, dans la surveillance par laquelle il maintient les caporaux dans l’observance continuelle des devoirs qui vont être expliqués, etc. ; il suffit d’en parler ici d’une manière succincte.

Le sergent, chef de subdivision, est responsable de ses deux escouades envers le sergent-major et les officiers de la compagnie ; il en fait l’appel devant eux ; il tient inscription des effets de linge et chaussure des hommes composant sa subdivision, et assiste aux inscriptions faites sur leurs livrets.

En garnison, les sergents logent et font ordinaire ensemble, mettant à l’ordinaire 5 centimes de plus que le soldat, à l’ordinaire duquel ils ne peuvent vivre qu’en campagne, ou bien s’ils sont séparés du bataillon ; en tout temps, ils sont exempts des corvées d’ordinaire et de chambrée. Les sergents d’une même compagnie logent à la caserne dans une même chambre, et ils couchent deux à deux en route.

C’est un sergent qui est chargé de porter le mot d’ordre aux généraux de brigade, etc.

  1. En route, au camp, en détachement

 

En route, ils ne doivent jamais coucher ni loger avec les soldats. Dans la colonne de route, ils se tiennent aux ailes des pelotons, et des sergents restent de bataillon en bataillon, dans les villages, pour empêcher qu’aucun soldat ne s’y arrête.

Les sergents portent les grands bidons de vinaigre et sont responsables de la marmite de supplément.

Au camp, les sergents prennent le commandement de la tente ou ils se trouvent, et y couchent avec les soldats. A l’arrivée au camp, le sergent commandé a cet effet, va planter le faisceau à la place marquée.

Lorsqu’ils y sont de police, ils replient, couchent, plantent et déploient les drapeaux.

Au camp, le sergent de piquet assiste au cercle de l’ordre. Le sergent des gardes extérieures est chargé d’aller à la découverte.

Ce sont les sergents de garde des postes du camp qui vont reconnaître avec quatre fusiliers, les troupes ou officiers généraux qui passent ; ils crient « halte là, qui vive ? » et après qu’il leur a été répondu « France », ils demandent «  de quel régiment ou de quel grade ? ». Quand ils ont reconnu la troupe, ils détachent un des quatre fusiliers au commandant du poste, et ne laissent passer qu’après que l’ordre leur en a été envoyé.

Le sergent envoyé en détachement, ne part point sans avoir dressé un contrôle des hommes qui le composent, afin d’en pouvoir tenir jour par jour les mutations. Il s’assure qu’ils sont porteurs de leurs livrets, que le prêt et les distributions leur sont faites, et qu’ils n’ont aucune réclamation à élever. Il fait l’inspection de leur armement, habillement et chaussure.

Il emporte, s’il y a lieu, un certificat signé du conseil d’administration qui constate jusqu’à quelle époque a été payée la troupe. Il marche comme il est dit. Il se fait précéder d’une petite avant-garde, et d’éclaireurs s’il est nécessaire.

Lorsqu’il est rendu à sa destination, il établit sa troupe dans le plus petit espace possible ; il se loge au centre. Il pose sa garde de police, ainsi que les postes qui garantissent sa sûreté. Il indique un lieu du rassemblement en cas d’alarme. Il fait la reconnaissance des environs de ses logements, des gués, des défilés, des chemins par lesquels l’ennemi pourrait déboucher. Il combine ses issues et le moyen de retraite, dans le cas où il serait poussé par un ennemi supérieur ( En supposant que son ordre ne l’obligeât pas de se battre jusqu’à la dernière extrémité ) ; il prend toutes ses mesures de défense, comme abatis, barricades, fossés, retranchements, etc., et il se fait aider, s’il est nécessaire, par les habitants du lieu. S’il est à proximité de l’ennemi, il défend à sa troupe de se déshabiller la nuit, et de quitter le poste pendant le jour. En tout état de choses, il veille à ce que sa troupe ne se dissémine pas, qu’elle vive en bonne intelligence avec les habitants, qu’elle respecte les personnes et les propriétés ; qu’elle se rende exactement aux appels, et qu’elle reçoive ses distributions avec régularité ; il visite souvent les logements ; il passe des inspections et des revues de ses soldats ; il fait des rondes ; il commande des patrouilles ; il fait chaque matin le rapport et donne l’ordre du jour. Il fixe les heures de la retraite, suivant la saison.

  1. Sergent de semaine

Le sergent de semaine concourt à remplir les devoirs prescrits, et se trouve chargé de les accomplir, toutes les fois que le caporal de semaine est absent.

Le sergent de semaine ne peut quitter la caserne sans être convenu avec le caporal que celui-ci sera présent pour répondre à tout en son absence. Le sergent de semaine envoie par écrit, après l’appel du matin, au commandant de la garde de police, les noms et les numéros des chambres des soldats indisposés.

Il passe à neuf heures et demie, l’inspection des hommes de garde que lui amène le caporal de semaine, examinant d’abord la tenue des hommes, et  s’assurant ( si c’est en hiver ou dans le mauvais temps ), qu’ils sont revêtus des vieux habits distribués aux compagnies pour le service ; il se fait ensuite accompagner de ce même caporal, pour examiner les soldats, homme par homme. Il se fait rendre compte du nom des hommes qui manquent, et de la cause de leur absence.

A dix heures et demie, quand on bat les trois roulements, le sergent de semaine conduit ses hommes à l’officier de semaine.

A l’instant de la soupe du matin, le sergent de semaine remet à l’officier de semaine ( qui doit aussi y assister, hormis les jours d’exercice, parce qu’alors la visite des chambrées ne se fait qu’à l’heure du souper ), le nom des hommes qui n’y ont pas été présents.

Le sergent de semaine se rend sur la place d’armes, en même temps que les gardes du jour. Il s’y place en bataille, ayant son fusil sans baïonnette, son sabre et point de giberne ; il assiste ensuite au cercle de l’ordre. De retour au quartier, il donne l’ordre de service aux caporaux.

Lorsque les gardes rentrent au quartier, et qu’elles ont monté la garde avec les armes chargées, il veille à  ce que les fusils soient déchargés sous ses yeux avec un tire-balle.

4. Sergent de ronde

 

La ronde est un moyen de surveillance qu’un sergent, commandé à cet effet, exerce sur les sentinelles des postes, en parcourant les remparts.

Les rondes simples se font le plus ordinairement pendant la nuit ; elles diffèrent de la ronde major, en ce qu’elles ont pour objet de tenir les sentinelles en éveil, et de voir ce qui se passe hors la place ; et que le bute de l’autre est de s’assurer, en outre, si tous les postes ont exactement le mot d’ordre, et si les chefs de poste font régulièrement poser les sentinelles aux lieux ordonnés.

Dans les garnisons, les sergents, ou sergents de garde, peuvent être commandés de «  ronde » comme les officiers ; mais ceux des grenadiers ne sont point sujets à cette espèce de service.

Les officiers et sous-officiers de « ronde » sont porteurs d’un « marron » ou pièce de cuivre ou de fer blanc percée en son milieu, et sur laquelle est indiquée l’heure de la ronde.

Ils glissent ce marron dans un tronc ou il s’enfile sur une fiche soudée en dedans ; ils signent en outre sur un registre destiné à cet effet, sans laisser d’intervalle entre leur signature et celle qui précède ; par ce moyen, ils fournissent à l’état-major la preuve qu’ils ont ponctuellement obéi à l’ordre de l’aubette ou de la parade, qui les commandait de « ronde ».

Les sous-officiers portent eux même leur fallot, et sen mettent en marche en suivant exactement le parapet, après avoir pris le mot du commandant du poste d’où la « ronde » a dû partir.

Si les rondes font quelques découvertes qui intéresse la sûreté de la place, elles en avertissent les postes voisins, et vont en informer de suite le commandant de la place. Si le bon ordre est troublé, elles préviennent le poste le plus voisin. Si les sentinelles sont en faute, les rondes en avertissent le commandant de leur poste.

Quand deux rondes se rencontrent, la première qui découvre l’autre crie « qui vive ? », l’autre répond « ronde » en disant de quelle espèce. La première s’annonce ensuite, et, quand elles se joignent, le grade inférieur, ou à grade égal, le militaire du moins ancien régiment donne le « mot » (1). si le grade et le régiment étaient le même, la ronde, qui la première à découvert l’autre, a le droit d’exiger le mot. Dans tous les cas, c’est à la ronde major à recevoir le mot.

Dans les circonstances extraordinaires, il est fait des contre-rondes et doubles-rondes.

Au camp, il est fait la nuit des rondes par un adjudant-major, pour s’assurer si les sergents et leurs fusiliers sont en règle. Elle équivaut à la ronde-major, avec cette différence, que cet adjudant-major se fait reconnaître en donnant le mot.

 

(1)   Règlement de service du 1er mars 1768, tit.15, art. 27. Une explication plus précise serait à désirer ; l’ancienneté de régiment est ici une expression vague, puisque le numéro de régiment ne l’indique point. Si l’une des rondes appartient à un régiment de la ligne, et l’autre à un régiment d’infanterie légère, qui tous deux auraient le même numéro, quelle est la ronde qui donne le mot ?. Si elles appartiennent à des troupes nationales et étrangères d’ancienneté égale, la difficulté est la même.     

 

5.   Sergent instructeur

S’il est chargé de l’instruction des travailleurs, il leur donne leçon deux fois par semaine, depuis le 1er mai jusqu’au 1er août et trois fois par semaine, depuis le 1er août jusqu’au 1er octobre.

Voici la définition des termes élémentaires les plus usuels. Un instructeur doit se pénétrer de leur sens exact, pour pouvoir faire avec précision l’explication et la démonstration des principes qu’ils expriment.

Notions générales :

Théorie

Démonstration et explication des principes ; C’est en général une étude spéculative

Files

C’est un composé d’hommes les uns derrière les autres, à un pied de distance. Elles se forment de trois hommes en temps de guerre, de deux hommes en temps de paix. Nous n’avons pas vu la formation sur deux rangs être usitées, si ce n’est pendant quelques temps, par l’infanterie légère.

Files ouvertes, ou rangs ouverts

C’est un composé d’hommes à un mètre ( 3 pieds ) de distance, quand on est en march. A 2 mètres ( 8 pieds ), quand on est de pied ferme.

Files en arrière d’un seul côté

Mouvement qui a pour principe de présenter le premier rang sur le front et sur un flanc

Files en arrière de deux côtés

Mouvement qui a pour principe de présenter le premier rang sur le front et les deux flancs

Chef de file

Sous-officier ou soldat derrière lequel un autre marche soit par le flanc, soit en colonne, soit en bataille

Serre-file

Officier ou sous-officier placé pour la surveillance des rangs qui le précèdent. Il est en quatrième rang en temps de guerre, en troisième rang en temps de paix

Rangs

Composé d’hommes coude à coude, ne devant occuper qu’un demi-mètre ( un pied et demi ) d’espace.

Front

Face d’un rang, soit en bataille, soit en colonne.

Ordre ou ordonnance

La formation actuelle d’une ligne s‘appelle « ordre mince ». le mot « ordre » s’applique plus particulièrement aux grandes opérations et à la disposition des différentes armes.

Hauteur

Signifie épaisseur. On dit être sur deux ou trois de hauteur.²

Formation

Etablissement ou rétablissement en bataille d’une troupe dispersée ou en colonne. La formation en bataille d’une colonne, dont les subdivisions conversent, pour se former en ligne sur l’un des flancs, a lieu de pied ferme au pas ordinaire ; mais Sa Majesté fait souvent former en marchant et au pas accéléré.

Rétablissement en front des files d’une subdivision mises en arrière. Réunion de deux subdivisions qu’on avait rompues en marchant ; ( les principes, dans ce dernier cas, consistent à obliquer du côté opposé au guide, et à respecter et conserver la ligne sur laquelle il se prolongeait ).

Tiroir

 On appelle ainsi la place qu'occupe le second rang; il y a une manière de défiler en tiroir non prescrite par l'ordonnance, amis usitée.

Pied ferme

Etat d’immobilité d’une troupe ou d’une partie d’une troupe

Marche

Il n’y en a que trois sortes : en bataille, en colonne, et par le flanc

Par le flanc

Quart de conversion d’un homme

Demi-tour

Demi-conversion d’un homme

Division

Réunion de deux pelotons sous le commandement du plus ancien chef de peloton

Peloton

Compagnie en manœuvre. Le mot compagnie n’étant employé que pour l’administration

Section

Demi peloton

Subdivision

Terme générique qui exprime les fractions d’une colonne, soit qu’on la rompe en divisions, pelotons ou sections

Profondeur

C’est l’épaisseur ou hauteur d’une colonne, de même que la hauteur est la profondeur ou épaisseur d’une ligne

Encadrement

Un bataillon, une division, un peloton, sont encadrés, une section ne l’est pas. On appelle aussi encadrement le sergent de gauche du bataillon.

Rompre

Ployer une ligne de pied ferme au pas ordinaire par subdivisions ( Sa majesté fait ordinairement rompre au pas accéléré ). Ployer, en marche au pas ou au pas accéléré ( une subdivision en deux parties ; dans ce dernier cas, il y a à observer deux principes :

 1° : rompre de manière que la première ou dernière subdivision se trouve en avant, suivant que la colonne marche dans l’ordre direct ou renversé et de manière que la colonne faisant halte après avoir rompu, elle ait ses subdivisions dans une disposition telle qu’elles puissent se reformer en bataille par les principes naturels, sans que l’ordre de ligne soit troublé.

2° : pour rompre, obliquer du côté opposé au guide, et par conséquent négliger et perdre la ligne sur laquelle se prolongeait les guides.

 

Colonne

Ordre d’un bataillon rompu

Colonne à distance entière

Colonne dont les subdivisions sont espacées entre elles, dans une proportion qui égale l’étendue du front d’une de ces subdivisions

Colonne dans l’ordre direct

Ayant la droite en tête

Colonne renversée

Ayant la gauche en tête

Colonne à demi-distance

Colonne dont l’espacement des subdivisions égale un demi-front de l’une de ses subdivisions

Colonne serrée

Colonne dont la proportion des distances est de trois pas. Cet espacement donne à une colonne le nom de « masse »

Déploiement

Formation des colonnes en bataille. Cette formation, au lieu de s’exécuter par le moyen des conversions, s’exécute par la marche des subdivisions qui ( quel que soit leur espacement ), manoeuvrent parallèlement à leur front. Elles se portent, suivant leur ordre naturel, par la marche de flanc d’abord, par la marche de front ensuite, sur la ligne où se trouvent, soit la subdivision de base, soit les subdivisions antérieures. Sa Majesté fait déployer en ne faisant halte que sur la ligne.

Prendre la distance

Rétablir entre les subdivisions, à demi distance ou serrée, un vide presque carré.

Guide

Sergent fermant une aile de subdivision ; le second sergent est guide dans l’ordre direct, le remplacement est guide dans l’ordre inverse. Un guide n’est pivot fixe que dans les conversions pour se reformer ; il n’a de fonctions en bataille que comme jalonneur ; il n’en a point de particulière dans la marche de flanc. Dans une colonne en marche, il n’y a point de cas où il cesse de faire son pas de deux pieds, si ce n’est quand il est ordonné à toute la subdivision de marquer le pas.

Remplacement

Fonction du premier sergent, ainsi désigné parce qu’il prend la place du capitaine, lorsque celui-ci s’absente ; quand on fait par le flanc ; quand on rompt.

Déboîter

Sortir d’un alignement, soit parallèle, soit perpendiculaire. Cesser de faire partie d’une ligne, d’un rang, d’une file. Cette expression s’applique également soit à une subdivision, soit à un individu

Pivot

Homme placé à l’aile sur laquelle appuie la conversion ; il est pivot fixe, s’il doit stationner ou marquer le pas ; il y a des cas où son pas est d’un sixième de mètre ( 6 pouces ) ; d’autres, où il est d’un tiers de mètre ( un pied )

Aile

Chaque extrémité d’un front

Conversion

Circulation autour d’un centre, de manière à regagner le point du départ. La conversion par rangs, opérée de pied ferme, a un pivot qui représente un centre, et une aile marchante qui représente une circonférence. La conversion par homme est égale au mouvement qu’il exécuterait en faisant quatre fois par le flanc du même côté

Conversion de pied ferme ou à pivot fixe

Ce n’est vraiment qu’un quart de conversion à pivot stationnaire

Conversion en marchant ou à pivot mobile

Ce n’est qu’un quart de conversion par rangs

Changement de direction

Portion de conversion d’une subdivision sur un angle variable. Les conversions d’un bataillon en marche s’appellent « changement de direction » ; les changements de direction d’une colonne en marche s’appellent « conversion »

Demi à-droite

C’est la huitième portion d’un cercle ou le demi-quart de conversion, soit d’un rang, soit d’une ligne sur plusieurs rangs

Contre-marche

Mouvement qui rétablit l’ordre direct d’une colonne ou qui produit l’effet opposé ; l’emploi de ce mouvement résulte de cette règle, qu’une colonne ne doit jamais marcher ni par le pas en arrière, ni par son troisième rang. Son principe est de faire toujours par le flanc du côté opposé au guide, et par file du côté du premier rang.

Ligne de bataille

Ordre d’un bataillon en bataille sur deux ou trois rangs. Détermination du lieu où on veut le former. Réunion d’un nombre indéterminé de bataillons en bataille. On distinguera 1ère et 2ème ligne ; elles sont à 196 mètres ( 300 pas ) de distance. Le passage  des lignes est la marche par laquelle la 1ère et 2ème ligne se traversent mutuellement.

Echarper

Marcher en bataille sur une ligne fausse, une aile étant trop en avant par rapport à l’autre

Potence

Disposition d’une troupe qui marche en arrière et perpendiculairement à un front, soit de subdivision, soit de bataille, et dont le plan peut se comparer à la forme d’un manche de hache. La potence est le contraire du « crochet »

Intervalle

Espace vide entre les bataillons en bataille ; il doit être maintenant à 30 mètres ou d’un demi-front de peloton. Espèce d’embrasure ou meurtrière à l’usage de l’artillerie de campagne. Une ligne pleine est une ligne sans intervalle

Border la haie

Former plusieurs rangs en un seul. Recoudre les trois rangs sur une même ligne

Inversion

Formation en bataille, la gauche en tête

Sergent d’encadrement

Celui qui est placé à l’aile gauche du bataillon en bataille

Caporal d’encadrement

Celui qui est placé à l’aile gauche du troisième ra,g du bataillon en bataille

Flottement

Déviation et bris d’alignement d’une troupe qui marche en ligne, sur une fausse perpendiculaire

A coups

Temps d’arrêt. Résultat du flottement

Carrés

Front quadruple, ou formation quadrangulaire, face en dehors. C’est presque toujours un parallélogramme

 

17:20 Écrit par Serg sapeur Dom dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/11/2008

LE LANGUAGE D'EPOQUE

Argot militaire du Sapeur

Parler bigorne - parler argot

( les mots nouvellement rajoutés sont en gras )

 Le Patron, Le petit tondu  Napoléon
 Le Mois-Napoléon  Le 13e mois de solde 
 Le vilain jeton Wellington vu par les français

  Les armes

 Le brutal, le bronze, la flûte à gros bec le canon
 Il tousse Quand le canon tire
 Le crucifix à ressort , la flûte à bassinet, le soufflant, le mandrillon le pistolet
 Le repoussant le fusil
 La côte de bœuf  le sabre
 Un jambon quand le fusil est cassé en deux au niveau de la crosse
 Un triqueballe charroi d'artillerie

En rapport avec le maniement des armes

 " On déchire la mouseline "  quand un feu de peloton se fait par saccades et que les coups de feu partent en pétarade discontinue ( un feu de peloton doit se faire en un seul coup )
  On "ferraille", on se" brosse à coups de sabre", on  se "rafraîchit à coups de sabre", on se "travaille le cuir", on" va  sur le pré" pour se battre, pour "se tâter"  combattre en duel
 Un coup de manchette un coup de sabre qui touche le poignet
  Mettre flamberge au vent, tirer la latte, tirer la ligousse tirer l'épée ou le sabre
 Crosser quand une balle de fusil est déviée par la crosse du fusil
 Un déjeuné à la fourchette une attaque à la baionette
 Le canon " tousse " le canon fait feu
 Pousse la botte au cochon un coup de sabre dans la gorge

L'habillement, la tenue...

 Le lampion  chapeau de napoléon
 Un habit de vinaigre un habit trop léger ou trop mince pour la saison
 Le grimpant ou la montante le pantalon ou la culotte
 La ruche à miel le bonnet à poil des grenadiers à  pied de la Garde
 Le pot en tête le casque des sapeurs   du génie
 Le feutre le bicorne
 La carotte le pompon du bicorne
 Des pattes de lézards les gants gris ou verts non réglementaires des soldats
 Des  coquerelles les cocardes des shakos
 Un  saule pleureur le plumet qui retombe sur le devant
 Double-décalitre ou le blockhaus le shako des hussards
 Le cul-de- singe le motif rond, de couleur  rouge, qui orne le sommet des bonnets à poil
 Le trottoir à punaises la bordure façonnée qui orne les bords des visières des shakos
 Le berry a Polytechnique, la tenue  d'hiver
 Les guenilles de  Choiseul  les épaulettes
 A l'avant-garde  les cheveux qui sont coupés jusqu'aux oreilles
 Oreilles de chien les cheveux coupés par-dessus les oreilles
 Des nageoires ou des crosses de pistolet les favoris
 Mettre sa vaisselle à l'air Arborer ses décorations
 Une couverture de droguet laine légère de bas prix

Le matériel et les accessoires

 La bouffarde  la pipe
 La pièce grasse un chiffon huilé qu'utilise le  fantassin  pour nettoyer le fusil
 Les ardeillons les éperons
 La descente de lit le tapis de selle de fourrure porté par certains officiers
 Le sac à peau  le havresac
 La cinquième reine le pommeau de la selle pour les cavaliers novices qui s'y cramponnent.
 Les fartes ou chabaques. les brides et les courroies dans la cavalerie
 Le saint-crépin le matériel de réparation des cordonniers et des maîtres-bottiers
 Une perruque en vergette un toupet porté comme le maréchal Bessières
 La bamboche  la croix, la légion d’honneur
 Le coucou , l’oiseau  l’aigle du drapeau
Les soldats
 Dur à cuire , vrai bougre, vieille moustache, briscard, brave à trois poils, crâne,  Grivier,Vieille culotte,  Fameux lapin,  Câlin soldat chevronné
 Marche à terre, pousse-caillou, Sous-pieds de guêtres, des Tourlourous fantassin
 Les Immortels  La Garde
un brise-murailleun artilleur
 Gros talons, gilets de fer  les cuirassiers
 Carabins chirurgiens
 Céleris, riz-pain-sel  employé de l’intendance
 Marche à regrets  conscrit réfractaire
 Un rafalé, un frileux , un Bêche un soldat qui à peur
 Peint à l'encaustique jeune hussard imberbe  (on lui dessine de fausses moustaches quand il arrive au corps)
 Cavaliers du patatras Les cavaliers inexpérimentés de la  fin de l'Empire
 Une Puissance un haut gradé
 Un Vendu un soldat remplaçant
 Des Jean-Jean, des Blancs-becs, des Becs-à- sucre.  les conscrits qui arrivent au régiment
 Un Courte-botte soldat de petite taille
 Un Loustic le soldat qui est le plus gai de la compagnie
 Blondin  celui qui fait le fier ou le beau ( s'il se met en grande tenue, il fait le Faquin )
 Un Barbet un déserteur
 Un Ours, un Grigou celui qui vit à l'écart des autres
 Les Marchands de mort subite  le maître d'armes du régiment et le prévôt
 Joue des jambes le soldat qui se sauve en courant lors d'une attaque
 Un Amateur celui qui s'écarte durant une marche
 Un  Engourdi le soldat qui arrive en retard au bivouac pour se réchauffer
 Un Soudrille  le militaire libertin , un soldat sans honneur
 Des Pitauds.  les paysans lourds et grossiers qui arrivent à l'armée
 Une Clique  Dans les régiments de cavalerie, les mauvais sujets se regroupent entre eux
 Des" courte-queue"  les nouveaux soldats qui arrivent dans la Garde et qui ne peuvent encore se faire une queue avec les cheveux
 Des colbacks les conscrits qui arrivent avec les cheveux longs (avant d'être coiffés réglementairement à la Titus ou à la caniche)
 Un Enfant de la giberne l'enfant naturel d'un militaire et d'une cantinière
 Des Pitauds.  les paysans lourds et grossiers qui arrivent à l'armée
 Pays ainsi se nomment les soldats d'une même régions
 Menteur comme un bulletin le soldat qui ment
 Les Rafales les  prisonniers de Cabrera
 Un Bien ficelé le soldat équipé sur le pied de guerre
 "à quia " celui  qui ne comprend pas la langue d'un pays
 Chagriné de service  le soldat qui a trop  de travail
 Un tapin apprenti tambour, mauvais tambour
 Il fusille son sac le sous-officier qui passe officier
 Un "vas-y-dire" un enfant qu'on envoie porter un message contre récompense
La garde
 les chevaux noirs, les gros frèresLes grenadiers à cheval
 les écrevisses Les lanciers rouges 
 les hussards de la marine. Les marins de la garde
 les grenadiers rouges. Les grenadiers hollandais 
 les gardes du roi de Rome. Les pupilles de la garde 
 les C.T.S  (leurs fourgons portent cette abréviation.) Les conscrits - grenadiers 
 les chanoines de l’armée. Les vétérans de la garde 
 la grenadière. La batterie des tambours de la garde 
 les oiseaux de paradis.  Les musiciens des grenadiers
 un Monsieur. Un soldat de la garde
 gros bonnets, gros majors. Les majors de la garde :
 les soldats souterrains, ( leur poste de garde : chambre de veille.) Le génie de la garde
 le bataillon sacré. Au retour de l’île d’Elbe, les grenadiers et chasseurs
 les cyclopes. Les grenadiers portant la cocarde sur le devant du bonnet
Les nationalités
 Les Didon  surnom donné par les Italiens aux Francais ( car ils commencent souvent leurs phrases par « Dis  donc »)
 Les Nuvoloni ( ce qui veut dire gros nuage en Italien)
 autre surnom donné par les Italiens: les français disaient toujours " nous voulons "  de la la phrase '' sti nuvoloni c'hanno rotto li coglioni ''  traduction litterale :
''ces nuages nous cassent les C........''   cette phrase ètait très à la mode à Rome et en        Italie centrale
 Les Goddams ( prononcé « Godans »)  les Anglais
 Les kaiserlicks, les autres chiens, les soldats à la crême les Autrichiens
 Les cousins de l’Empereur   les Corses
 les sans culottes,les gardes d'honneurs, les gardes douleurs , les mirliflores  les Ecossais
 Les Cupidons Les archers Baskirs Russes
 Les Carmagnoles  surnom donné par les Allemands aux Francais ( en souvenir de la Révolution de 1789)
Les maladies, les affections, les blessures
 La charmante  la gale
 La mie de pain  les poux
 L'abreuvoir à mouches large plaie profonde au visage faite avec le tranchant d'un sabre
 Être abîmé, être hypothéqué  être blessé
 Avoir de la garnison avoir de la vermine sur le corps et dans l'uniforme
 Les trottantes les souris et les rats
 Etre embrassé par une demoisellequand un soldat est blessé par un boulet
 Un gigot une vilaine amputation
 Blessé a la coloquinte blessé à la tête
 Tourner de l’œil , descendre la garde, défiler en parade , se casser la pipe  être tué sur le champ de bataille
 Le raisiné  le sang
 Les Cerveaux gelés ou les Hébétés ceux qui devenaient fous en Russie
 La débine  la pauvreté
 Donner des épices donner une maladie vénérienne
 Un onguent " miton-mitaine" Un onguent fait de mie de pain et qui n'a aucun effet
 La Basse-Geôle la morgue
En rapport avec la nourriture et la boisson
 Avoir sa pente, être brouillé avec l'équilibre, être gris être saoul
 Mettre les dents au crochet  n’avoir rien à manger
 Faire une bosse ,faire bombance bien manger
 Un fripe-sauce un goinfre
 Le jus de l’arbre tordu ou le jus de l’arbre   le vin
 Le chasse-cousin le mauvais vin
 Le rongomme, le casse-poitrine , le riquiqui, le sacré chien,le sauve-la-vie L’eau de vie
 On godaille  quand il n'y a pas de distribution de nourriture régulière
 Le laisse-toi-faire ou  le canon le verre de l'amitié
 Le boujaron dans la marine, un verre de rhum
 Du vermicelle dans la cane de cornant  des asticots dans la viande de bœuf
 La grenouille la partie de la solde réservée pour acheter de la nourriture
  Ils lisent la gazette se dit quand les chevaux n’ont rien à manger 
 Charbonner le bouilli Utiliser de la poudre pour saler repas
 L'ambigu le repas ou on sert en même temps la viande et le dessert
Les manoeuvres, les marches, les combats...
 Donner un fameux coup de peigne  prendre part à un combat très rude
 La noce, la fête, la musique   la guerre
 Marcher " A la muette " Une troupe qui marche sans tambours
 Marcher pour des capucins une marche inutile
 Un ruban de queue une longue route
 La route aux harengs une route qui va à la mer
 Ils font chorus les soldats chantant en marchant
 Voyager en veau voyager assis dans une charrette
 Ils marchent " à la queue au loup" les soldats qui marchent la nuit, en se tenant par les pans de l'habit
 Mercher " à la Brune " ( Général ) Marcher de nuit
 La halte aux pipes toutes les heures, les  soldats s'arrêtent cinq minutes pour fumer
 Lâche des coudes quand on quitte ses camarades lors d'une marche
 Manœuvre à la perche   pour manœuvrer lors de l'instruction, les sergents tiennent des perches pour faciliter les alignements
 Faire la guerre du château. en  campagne, prendre un château pour qu'un officier supérieur s'y installe
 Un   hurrah  une attaque de cosaque ,(ces cavaliers chargent en criant hurrah) Phonétiquement cela ressemble à " au rat"  ! Les Français répondent donc en criant "au chat"
  La foire d'empoigne le pillage de la ville  de Moscou
 Battre le coup si la troupe est attaquée, les tambours battent le rappel
 Une procession une colonne en retraite
 ab hac ou ab hoc une troupe en déroute
 Une sentinelle perdue  une sentinelle placée  aux avant-postes (car elle risque gros en cas d'attaque.)
 Accorder ses flûtes faire ses préparatifs
 Strapasser maltraiter de coups un adversaire
 Ils font la soupe à l'ail a Saragosse, les Espagnols jettent par les fenêtres de l'huile ou de l'eau bouillante
 Mettre le drapeau en ceinture pendant la retraite de Russie, l'étoffe des drapeaux était parfois roulée autour de la taille du porte-drapeau
 Piler du poivre , être "Officier de guérite" monter de faction
 On lui demande de "défendre sa queue" quand on provoque  un adversaire en duel
les détentes, les jeux.....
Au jeu du loto les numéros sont:  1: le commencement du monde, 2:la petite poulette, 3: l'oreille du juif, 4: le château du commissaire, 5: l'alêne du cordonnier, 7: la potence, 9: qui n'est pas vieux, 22: les canards du Main(en souvenir de la 22 eme demi brigade qui s'etait jeté dans ce fleuve,pour échapper au Prussien), 31: jour sans pain ou jour de misère en Prusse(la solde n'est payée que sur trente jours en Prusse), 33: les deux bossus, 57: le terrible(du nom du régiment), 89: le révolution, 90: le grand père à tous.
 Le monde de la cocagne le monde du jeu
 Les musikos  les bordels
Les punitions....
 Être mis aux mites  être envoyé en salle de police
 Le cabanon, ou 1' Abbaye-de-Sot Bougre le soldat qui est  puni va en prison
 La saligote la salle de police, parfois très sale
 Prendre une semonce ou une  culotte être pris lors d'un duel ( le duel est interdit )
 Etre punis de "la savate" punition de chambrée à coup de chaussure à clous sur les fesses
Se faire laver les cheveux avec du plomb passer devant le peloton d'exécution
Actions diverses
 Friser passer très près de ..
 Trouver chaparder, voler
 Giberner beaucoup parler ( car les soldats qui ciraient leur giberne y passaient beaucoup de temps et parlaient entre eux.)
 "fait le perruquier" celui qui fait le dupe dans une affaire
 Monter à la roue  piller les fourgons du Trésor  abandonnés
 Boursiller Payer
 Miner voler, marauder
 Avoir du sang aux ongles avoir du courage, de la bravoure, de l'honneur
Inclassables
 Les pékins   les civils
 Heureux comme un poisson sur la paille celui qui a des malheurs
 "a de la platine" celui qui parle beaucoup
 "Donne de la tablature" celui qui a des misères  ou des difficultés
 Distribuer les épaulettes par la fenêtre quand il y  a de l'avancement injustifié
 Marchands de chair  humaine ceux qui fournissent des remplaçants
 Casaire mot wallon signifiant caserne
 Un bon à la plume un bon de l'intendance, faussement signé
 Bouillir le lait faciliter les choses
 Taffer Avoir peur

14:52 Écrit par Serg sapeur Dom dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |